Parler cannabis avec les jeunes : les parents en première ligne

November 15, 2018

La prohibition du cannabis a affecté négativement plusieurs Canadien.nes de nombreuses façons. L’un des effets les plus néfastes sur les jeunes a été la restriction de leur éducation sur les drogues. Ceci signifie que les jeunes n’ont pas reçu les outils adéquats pour prendre des décisions éclairées sur le cannabis. Heureusement, la légalisation du cannabis non-médical nous offre l’occasion de changer la manière dont nous approchons l’éducation sur le cannabis. Voyons à présent comment les parents peuvent profiter de cette occasion pour avoir des discussions productives et pertinentes à ce sujet.

 

Pour débuter, rappelons-nous qu’il n’y a pas de raison de croire que la consommation de cannabis par les jeunes augmentera suite à la légalisation. De plus, les jeunes sont généralement au courant du fait que la consommation comporte certains risques. Un sondage récent de 2016/2017 a démontré que la majorité des jeunes pense qu’il y a des « risques prononcés » associés au cannabis fumé régulièrement. Toutefois, 9% de l’échantillon a répondu que cette pratique ne comportait « aucun risque ». Les risques perçus du cannabis ont diminué depuis 2014/2015, mais ce changement n’a pas correspondu à un changement des taux de consommation en soi.

 

Le cannabis n’est certainement pas la substance la plus nocive que l’on puisse consommer, mais ces données nous montrent qu’il demeure un besoin d’éduquer les jeunes sur les risques associés à sa consommation. Par contre, nous avons appris des approches prônant l’abstinence que d’utiliser la peur et l’exagération ou de seulement présenter les risques du cannabis ne fonctionnent pas. En fait, ces discussions biaisées ont pour effet principal de réduire notre crédibilité en tant que parents et éducateurs/trices. Ce manque de crédibilité peut mener les jeunes à complètement négliger les risques présentés, même s’ils sont basés sur la recherche.

 

Que pouvons-nous donc faire? Nous pouvons commencer par prioriser la réduction des effets négatifs liés à la consommation au lieu de tenter de diminuer la consommation en tant que tel. Cette pratique se nomme la réduction des méfaits, et elle atteint les jeunes beaucoup plus efficacement que les messages de type «  dites non aux drogues », car elle leur offre des options réalistes. En effet, plusieurs jeunes choisiront en effet de consommer peu importe le nombre de fois que nous leur disons de ne pas le faire. Il devient donc important d’outiller les jeunes, peu importe les choix de consommation qu’ils/elles feront. Pratiquer la réduction des méfaits peut débuter à la maison avec des conversations fréquentes, décontractées et ouvertes. Quelques messages clés que les parents et éducateurs/trices peuvent transmettre incluent :

 

1. La meilleure façon d’éviter les risques liés au cannabis est de ne pas l’utiliser.

 

2. Si tu décides de consommer du cannabis, différentes méthodes comportent différents risques. Par exemple, fumer du cannabis est nocif pour les poumons, mais est plus facile à doser, car l’effet est ressenti très rapidement. Inversement, consommer du cannabis de manière alimentaire (c’est-à-dire avec des « comestibles ») n’affecte pas la santé pulmonaire, mais peut mener à une surconsommation. Vapoter pourrait être une alternative plus saine au cannabis fumé et comporte des effets similaires, mais les effets du cannabis vapoté sur les poumons ne sont pas encore bien compris.  

 

Quoique parler avec les jeunes de leur consommation de drogues peut être embarrassant, il est important de se rappeler qu’il existe un spectre de la consommation du cannabis, allant d’une consommation occasionnelle à une consommation plus fréquente et qui pourrait être problématique. La grande majorité de la consommation du cannabis par les jeunes n’est pas problématique. Les jeunes qui consomment du cannabis d’une façon qui commence à interférer avec leurs autres activités le font souvent par mécanisme d’adaptation pour pallier à un stress ou à d’autres problèmes qui méritent du soutien.

 

Prioriser le bien-être de nos jeunes signifie alors fournir du soutien et de l’ouverture d’esprit, même malgré nos propres préoccupations. Souvent, avec les personnes en position de pouvoir et d’autorité, tels que les parents ou les professeur.es, les jeunes cacheront leur consommation pour éviter les punitions ou d’autres conséquences. Simplement démontrer une ouverture d’esprit et un désir pour des conversations réalistes et nuancées sur les drogues en général peut encourager les jeunes à discuter de leur propre consommation. Voilà où une éducation réelle sur le cannabis peut débuter.

 

Durant la prohibition du cannabis, produire et trouver des ressources comportant le niveau requis de nuance et de complexité s’avérait difficile. Heureusement, plusieurs documents ont été créés récemment pour soutenir l’éducation des jeunes sur le cannabis, que vous trouverez ci-dessous. À présent, les parents et les éducateurs/trices pourront être bien mieux équipé.es pour soutenir et éduquer nos jeunes. 

 

Ressources:

 

Référence sur l’éducation des jeunes sur le cannabis du groupe Étudiant.es Canadien.nes pour les Politiques Éclairées sur les Substances Psychoactives

 

Guide de communication sur le cannabis du Centre canadien sur les dépendances et l’usage de substance

 

Recommandations canadiennes d’usage de cannabis à moindre risque

 

Canadian Students for Sensible Drug Policy Cannabis Harm Reduction Handout (anglais)

 

Centre for Addictions Research of British Columbia & Vancouver Coastal Health “Take Care with Cannabis” Handout (anglais)

 

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