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  • Kira London-Nadeau

Les deux côtés de la médaille de la culture personnelle du cannabis


La culture du cannabis à domicile a été une des plus, sinon la plus, passionnément débattue des questions entourant l’application au Québec de la légalisation canadienne du cannabis non-médical. Les gouvernements fédéral et provincial sont inébranlables, le Canada permettant la culture d’un maximum de quatre plants de cannabis à la maison, tandis que le Québec en interdit la pratique. Comme la province l’a constaté, il reviendra aux Québécois.e.s de contester leur loi provinciale. Comment ce bras de fer législatif est-il survenu?

L’argument provincial

Au niveau provincial, selon la Ministre de la Santé publique, Lucie Charlebois, des consultations publiques ont dévoilé que la volonté du peuple était de débuter avec une approche plus restrictive qui pourrait ensuite être revue et ajustée après trois ans de légalisation. Cette approche inclut la prohibition de la culture du cannabis à domicile, une pratique que la Ministre soutient pourrait banaliser la substance et en faciliter l’accès.

Avec le soutien de Jean-Marc Fournier, le Ministre responsable des relations canadiennes, Charlebois a défendu que de permettre la culture à domicile du cannabis servirait à en accroître l’accès par les enfants et les adolescent.e.s, allant ainsi à l’encontre du mandat du projet de loi C-45 qui vise à protéger les jeunes. De plus, le duo a exprimé l’inquiétude que, quatre plants produisant une quantité considérable de cannabis, les individus seraient tentés d’en vendre les surplus, alimentant ainsi le marché illicite.

Charlebois et Fournier ont aussi noté la difficulté de réguler le nombre de plants de cannabis cultivés à la maison comme étant un obstacle à l’application de cette permission.

En somme, l’Assemblée Nationale a insisté que le gouvernement fédéral devait reconnaître son indépendance et ses capacités à réglementer elle-même ses lois provinciales.

L’argument fédéral

Du côté fédéral, le gouvernement libéral de Justin Trudeau a insisté que sa volonté de permettre le cannabis cultivé à domicile était basée sur les faits, les données et les recommandations d’experts. Curieusement et semblablement en opposition directe au point de vue provincial, le Premier Ministre et Ginette Petitpas Taylor, la Ministre de la Santé du Canada, ont soutenu que de permettre la culture du cannabis à domicile était nécessaire pour déplacer le marché illicite.

Le duo a aussi constaté l’intention du pays à ne pas excessivement pénaliser les Canadien.ne.s en les criminalisant pour avoir fait pousser de petites quantités de cannabis à la maison. Petitpas Taylor a rappelé que cette législation est cohérente avec les permissions accordées aux Canadien.ne.s de faire leur propre bière ou vin maison ou de faire pousser leur cannabis à domicile dans le cadre du système médical.

Autres considérations

Malgré que ceux-ci ne soient pas des arguments centraux, certaines autres considérations ont capté l’attention. Par exemple, des associations du logement ont exprimé des craintes par rapport à la quantité d’humidité dégagée par la culture du cannabis dans les espaces résidentiels, ainsi que le risque de moisissure et d’incendies d’origine électrique. Toutefois, des experts ont assuré que ces risques ne sont guère plus élevés pour la culture du cannabis à petite échelle que pour n’importe quelle autre plante.

De plus, tandis que certains ont exprimé une peur que les enfants pourraient accidentellement ingérer le cannabis des plants, d’autres ont répondu que ceci ne mènerait pas à des effets psychoactifs, car la fleur doit être chauffée pour générer ce type d’effet.

Et maintenant?

Si les Québécois.e.s veulent faire pousser leur propre cannabis non-médical lorsque la légalisation du cannabis prendra effet le 17 octobre 2018, ils et elles devront patienter le temps d’un long et couteux parcours devant les tribunaux.


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